Sur tes pattes d’échassier!



T’es pas rentré dans l’eau que tu commences à couiner.
Les frangins, qui t’arrosent, t’appellent poule-mouillée.
Au bout de vingt minutes, tes vœux sont bien clarifiés :
Pendant que vous vous noyez, moi, je reste à échasser.

La grâce vient te visiter et tu t’emmêles dans tes pieds.
Et tu te fais le grand plongeon, dans cette eau sinistrée.
Tu te remues dans l’eau, en apnée, tu reviens t’échouer.
Tu restes assis, le cul dans l’eau, tu t’amuses à bronzer.

C’était hier ou bien le printemps dernier. Là, c’est en été.
Ce matin, à la fraîche, on y est retournés. Tu t’es baigné.
Moi, je la trouvais un peu froide, alors j’ai un peu hésité.
Tu m’as dit: « Elle est bonne, tu devrais aller te tremper! »

Les jolis baptêmes que les gamins se font par eux-mêmes!

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Dans tes yeux de chagrin!



Dans ton grand pyjama,
On tient, facile, à trois.
Et tu trembles parfois,
Comme si tu avais froid.

Dans tes yeux de chagrin,
C’est un arrêt sur fin.
Tu te vois en pantin
Qui a raté son train.

Et tu te tiens, là-bas,
Tu regardes devant toi.
Et tu ne bouges pas,
Ni un œil, ni un doigt!

Tu n’es plus un gamin.
Pour toi, pas de demain
Car tu es orphelin
Et de tout et de rien.

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L’enfant du ciel!


Sur le parvis brillant
D’une maison plein-ciel,
Un tout petit enfant
Traîne un sac de poubelles.
Mais, où sont ses parents?
Tout est artificiel!

Il rentre se poster
Prés du hublot-fenêtre.
Là, il peut observer
Ce qui pourrait paraître.
Immobile et figé,
Il est encore à naître!

Tout petit, dans le blanc,
Il regarde le ciel.
Le gazon luit, devant,
Près du sac de poubelles.
Ses yeux sont si brillants,
Quand il secoue ses ailes!

Un jour, en plein été,
Il a vu apparaître,
Marchant à pas pressés,
La chasuble d’un prêtre.
Ils ont un peu parlé,
Par le hublot-fenêtre.

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