Dernières volontés!


Si un jour, moi aussi, je meurs, je voudrais qu’on passe du Bach.
Ce n’est pas ce que j’écoute, d’ordinaire. Mais, Bach, c’est Bach.
Je ne veux pas que des fidèles gravent sur ma tombe :
C’était quelqu’un de bien.
Ecrivez plutôt, car c’était mon chemin :
Je ne suis pas une salope! Nathanaël.

Je ne veux pas de tombe, d’ailleurs, ça ne sert à rien.
La rivière de la vie est un lieu beaucoup plus serein.

Je logerai en certains, jusqu’à ce qu’ils ne m’oublient ou ne meurent.
Dans ma tête, il y en a plein qui ne sont plus, déjà, ailleurs.

Tu es en moi, Pierre, gravé au fer rouge, dans ma tête et mes artères.
Tu y resteras, jusqu’à ce que, moi aussi, je meure. De ça, je suis certain.
Je ne te rejoindrai pas, ça ne se passe pas comme ça.
Je suis content que tu sois là, pour toujours, dans mon coeur.
Pas d’envol pour toi vers l’ailleurs, je te garde en moi.
Je vois, orienté vers moi, le sourire de ton petit coeur.
Ah, le petit coeur de Pierre!

Tant que j’aurais une voix, je dirais, à mi-voix :
Je t’aime, Pierre. Je t’aime, mon grand. Je t’aime, toi!

Et puis, après, moi aussi, je quitterai, je m’en irai.
Je dirai : Continuez, oubliez-moi, vivez, mes frères!



Nathanaël



J’aurais été ce que je voulais être et pas ce que l’on attendait de moi.
Comme toi, comme toi, comme toi!

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Athos, Porthos…

Trois fois : Ici, c’est chez toi, Pierre!
Il y en a d’autres, je sais. Mais…

Les potes à Pierre!


A toi!

A toi qui, pour ton anniversaire,
N’a eu que la moitié de ton frère.
Tu as été attentionné, solidaire,
Comme personne ne peut le faire.
Veiller sur toi, je l’ai promis à Pierre.
Et mon serment a satisfait Pierre!

Comme tu l’as si bien dit,
Nous voir continuer ensemble,
Est ce qui rendra heureux Pierre!


A toi aussi!

A toi, l’adepte des fantômes
Qui peux voir si loin, parfois.
A toi qui parles avec mon môme,
Comme s’il était devant toi!
Toi qui, pourtant occupé aux tiens,
Me dis toujours qu’il va bien,
Qu’il est là, avec nous, c’est certain!

Ensemble et pour nous, ce voyage-là!



A toi, toujours!

A toi, le môme de là-haut,
Abîmé, perclus, mais tout droit.
A toi, le papa de là-haut
Qui a, enfin, eu son enfant-roi!
A toi, le poteau de là-bas
Qui a su ouvrir ses bras.
Il y a du grand-frère en toi!

Tu vois que je parle de toi,
Mais que je ne te nomme pas!
Il me faut t’en demander le droit.

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Lettre à Pierre, n°7 !

Je te rêve à côté de tes frères.
Je te rêve aux côtés de ton père,
Avec ta moitié, avec tes pairs!
Je te rêve, pas trop loin de ta mère.

Je te rêve, les pieds nus sur la terre,
Jardinier secret et solitaire.
Tes plantes séchées embaument l’air,
Chant discret, joyeux et solidaire!

Je te rêve, venant me présenter
Ce bel enfant dont tu es tout fier.
Je te rêve en train de rigoler,
A me voir gazouiller, en grand-père!

Tu n’es pas là et je désespère.
Viens, rejoins-moi. Je t’attends, mon frère.
Si ma tête est encore un gruyère,
Elle reste une maison pour toi, Pierre!

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Fidèle à Toi!

Moi, j’aurais fait n’importe quoi,
J’aurais été n’importe quoi,
Pour te porter, te protéger!

Un poële allumé tout l’hiver,
Une arche bâtie autour de toi,
De ces topinambours de guerre,
Mordant, pour qui s’en prend à toi!

J’aurais tenté n’importe quoi,
J’aurais donné n’importe quoi,
Pour te sauver, pour te garder!

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