Quand ils nous vivent!


T’es trop fort aux échecs,
C’est pas intéressant.
Tes histoires puent du bec,
Je m’endors tout le temps.

On échange notre fric.
Tiens. Moi, j’ai zéro franc.
Je sais, tu dis Bernique.
Je l’entends à tes dents.

Mais, le trésor public,
Tu sais que c’est maman.
Peaufine bien ta réplique,
Joue pas les indigents.

Merci pour le conseil
Et pour garder tes gants!
Les échecs, c’est pareil,
Je nous sers du brûlant.

Les échecs nous isolent,
Je te parle d’un truc.
Tu mets mon roi au sol
Et me caresses la nuque!

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Là, on dirait des sardines!


J’adore ces petits baigneurs,
Petits matelots de marine.
Je les vois affronter leur peur,
En se serrant fort les narines.

J’adore les petits auteurs
De cette jolie blague de vermines
Qui nous a mis en fureur.
Ils sont là, serrés en sardines!

J’adore les petits acteurs,
Au grand parloir de la cuisine :
« T’as vu comme j’ai pas eu peur.
Demain, c’est moi qui te lamine. »

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Sur tes pattes d’échassier!



T’es pas rentré dans l’eau que tu commences à couiner.
Les frangins, qui t’arrosent, t’appellent poule-mouillée.
Au bout de vingt minutes, tes vœux sont bien clarifiés :
Pendant que vous vous noyez, moi, je reste à échasser.

La grâce vient te visiter et tu t’emmêles dans tes pieds.
Et tu te fais le grand plongeon, dans cette eau sinistrée.
Tu te remues dans l’eau, en apnée, tu reviens t’échouer.
Tu restes assis, le cul dans l’eau, tu t’amuses à bronzer.

C’était hier ou bien le printemps dernier. Là, c’est en été.
Ce matin, à la fraîche, on y est retournés. Tu t’es baigné.
Moi, je la trouvais un peu froide, alors j’ai un peu hésité.
Tu m’as dit: « Elle est bonne, tu devrais aller te tremper! »

Les jolis baptêmes que les gamins se font par eux-mêmes!

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Dans tes yeux de chagrin!



Dans ton grand pyjama,
On tient, facile, à trois.
Et tu trembles parfois,
Comme si tu avais froid.

Dans tes yeux de chagrin,
C’est un arrêt sur fin.
Tu te vois en pantin
Qui a raté son train.

Et tu te tiens, là-bas,
Tu regardes devant toi.
Et tu ne bouges pas,
Ni un œil, ni un doigt!

Tu n’es plus un gamin.
Pour toi, pas de demain
Car tu es orphelin
Et de tout et de rien.

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