J’entends ta voix!

Qu’est-ce que disait la voix?
La petite voix de Toi!

J’ai refermé mes bras,
En conque, autour de toi.
J’ai fait chauffer ma voix,
Pour raviver ta foi.
J’ai fait chanter ma voix,
Pour ranimer ta joie!

Qu’est-ce que disait ta voix,
Du plus profond de toi?


Tu m’as bien secouru.
Tu m’as bien soutenu.
Mais là, je n’en peux plus.
Mais là, je suis vaincu.
Bientôt, c’est entendu,
Je serai disparu!

Qu’est-ce que peut dire ma voix,
Pour me consoler, moi?

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J’te raconte?

C’est difficile d’écrire, déjà, quelque chose de bien, quelque chose de vrai. Alors, raconter quelque chose de gai, ça devient super-compliqué.

Il n’y a rien dans le présent. C’est normal, tu es absent.
Le temps a déjà passé et ta présence s’est effacée.

Comme il n’y a rien à creuser, là, il me faut retourner dans le passé.
Le passé, en ce qui te concerne, c’est évidemment le passé récent.
Pas ces amusettes sur toi, enfant!

Mais là, les souvenirs heureux ou tendres, qui ne soient pas estampillés Privé, se font rares. Ils sont noyés dans un océan d’autres moments.
Un océan de souffrance et de néant, qui les isole et les restreint.
Cet océan navrant est, quand même, d’une rare immensité!

Je crois que je vais essayer d’en fabriquer, de ces moments géants.
Avec ce que je connais de toi, je suis curieux de voir ce que je vais bien pouvoir inventer. Je t’en parlerai en premier, je te le promets!

Si je te dis ça, ce n’est pas que pour parler.
C’est aussi pour te donner de mes nouvelles.
Et, pourquoi pas, t’en demander!
Je vais modifier le scénario. A bientôt, Pierro!

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Comment dire?

Quelle horreur, la souffrance de celui,
Qui, s’il n’est pas entendu, se tait.
Comment dire ce qui se passe en lui?
Si personne ne l’écoute jamais!

Sa souffrance, il la garde enfermée.
Alors, il devient son prisonnier.
Maintenant, il se sent condamné.
On l’ignore et refuse de l’aider.

Il se vit comme quelqu’un de maudit.
La douleur, en sa bouche fermée,
Est une peur qui lui fait taire son cri.
Il est seul, il est abandonné!

Ne peut-on voir cette douleur-là?
Ne peut-on pas lui tendre les bras?
Que lui dire qu’il entende, pour une fois?
Qu’il entende, quand il est aux abois!

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Pierro, la bulle!





Quand il était marmot,
A l’âge couche-culotte,
Notre tout petit Pierro
Etait un Don Quichotte.

On l’assoit sur sa chaise.
Il n’y reste pas longtemps.
Il se tord, à son aise,
Et se penche vers l’avant!

Moi, j’étais fasciné
Par l’ardeur de l’enfant.
Il se casse le nez
Ou il s’envole vraiment
?

Sa belle chevelure blonde,
Les cheveux de Tarzan!
Il regardait le monde,
Avec ses yeux brillants!

Oh, comme il était beau,
Avec ses yeux aimants,
Notre petit Pierro,
Mi-ange et mi-enfant
!

Curieux et éveillé,
Il me faisait marrer.
Il était culotté,
Comme un aventurier!

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Lettre à Pierre N°5 !

Des fois, je vois le trou,
Qui est là, devant moi.
Des fois, je vois le trou,
Où tu es tout en bas!

On tire sur le lien
Qui m’attache à toi.
Je sais qu’il n’y a rien.
Tu n’existes pas!

On tire, c’est certain.
Tu me tends la main?
Il y a un poids
Qui me tire vers toi!

La fosse s’est comblée,
De larmes glacées.
On peut y tomber.
On peut s’y noyer!

Quand je vois, creusé,
Devant un péquin,
Ce profond fossé,
Je lui tends la main!

Je veux lui sortir
La tête du trou.
Pour le voir sourire,
Pour le voir debout!

De mon long passé,
Trop se sont noyés.
Pierre, tu as été
Mon combat dernier!

Je suis épuisé
Et bien trop lassé,
Pour envisager
De gesticuler!

Moi, j’entends les voix
Qu’on écoute pas.
La douleur cachée
Dans une bouche fermée!

Je suis disposé,
Encore, à aider
Les êtres piégés,
Au fond du fossé!

J’ai des larmes pour eux,
Des gestes chaleureux.
Je voudrais pour moi,
Des larmes de joie!

Je voudrais hurler
Mon amour pour toi.
Je n’ai qu’un regret,
Que tu n’entendes pas!

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Il ne pleut que sur toi!

En cette fin de matinée, les nuages s’accumulent et s’assombrissent.
C’en est déjà fini de notre balade d’après-midi.
J’observe dehors et je me surprend à penser à un nuage particulier.
Un nuage tout petit et très gris!

Vous ne me croirez peut-être pas. Moi, je l’ai vu plusieurs fois. Il se tient au-dessus de quelqu’un. Il l’efface lentement de chagrin.
On se retourne. On voit le nuage, au-dessous rien. On ne se rappelle déjà plus. On se demande s’il y avait bien eu quelqu’un.

Je le vois, de temps en temps, dans la foule, accroché à un passant.
Un passant triste et lent!
Le lendemain il ne vient plus au bar où il allait souvent.

Maintenant, je ne regarde plus le ciel, ou plus vraiment. J’essaie d’éviter. Quand la pluie ruisselle sur un chaland particulier, là, je lève les yeux et j’affronte le nuage pour qu’il ne puisse pas voler toute une identité!

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